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Rachel Monnat / Accrosens

Rachel Monnat / Accrosens

Parler simplement de vie, de sexualité


Enfanter dans la jouissance

Publié par Rachel Monnat sur 2 Janvier 2017, 19:09pm

Catégories : #sexualite, #femme, #livres

"La sève" d'Ernest Martens

"La sève" d'Ernest Martens

Au printemps 2013, j’ai eu l’intuition qu’une des raisons de l’existence de l’orgasme était pour faciliter l’accouchement et que nous devrions enfanter dans le plaisir et non dans la douleur !
Jusque-là, je n’avais entendu parler que de la souffrance de la femme à donner naissance. Je ne peux pas parler de mon expérience personnelle, cette intuition m’est venue à l’esprit en vivant des orgasmes puissants… Quand je vis une jouissance, je sens la force de l’accouchement, je sens cette envie d’expulser cette libération et ce flot d’amour.

Sur internet, j’ai trouvé juste une petite vidéo sur le sujet que j’ai publié sur ma page facebook. Les commentaires étaient très disparates entre ceux qui disait : « ça me parle », des réflexions comme quoi je ne savais pas de quoi je parlais, que l’accouchement ce n’est que de la douleur et des commentaires comme quoi il ne fallait pas mélanger plaisir et enfantement… cela touchait du domaine de la pédophilie. Ce n’était pas dit dans ces termes… mais ça signifiait bien cela !
J’en ai aussi parlé à un obstétricien qui me dit « j’ai vu assez d’accouchements c’est de la douleur pour tout le monde ! »
Un sujet à ne pas aborder ?

Quand on regarde les animaux, ils accouchent sans aller à l’hôpital et la plupart du temps ça se passe bien, tout seul… pourquoi chez l’homme, l’accouchement est devenu si médicalisé ? Presque une maladie ? J ai travaillé, comme infirmière intérimaire, en pouponnière, dans une clinique privée, j’ai été scandalisée, quand j’ai vu que plus de 50% des naissances étaient des césariennes. Des césariennes imposées ou des femmes qui ne veulent pas vivre un accouchement « normal ». Quand on connaît les effets secondaires à court, moyen et long terme d’une intervention chirurgicale... on ne peut qu’être offusqué…
On est davantage prêt à faire confiance à un bistouri, qu’à la nature et à son propre corps…

Cet automne, je vais faire un tour sur internet et je vois que le sujet est bien plus étoffé et qu’il existe un livre : « La naissance orgasmique » écrit par deux Américaines, traduit en français. J’essaye d’abord de l’obtenir en bibliothèque, mais aucune bibliothèque de Suisse romande ne l’a!
Donc, je le commande…

Un bijou… il parle de tout ce que je désirais savoir et connaître…

 

Enfanter dans la jouissance

« La naissance orgasmique » de Elizabeth Davis et Debra Pascali-Bonaro

On y parle de la physiologie du corps, de nos hormones naturelles qui aident à l’accouchement, de nombreux témoignages, des femmes blessées par des accouchements qu’on leur a imposés contre leur volonté, de ces femmes si déçues par des césariennes ou des accouchements « violents », de ces femmes blessées à devoir obéir à des ordres alors qu’elles avaient des intuitions, de ces femmes à qui on leur dit « ce n’est pas grave, vous avez un si beau bébé, oublié le reste… », de toutes ces femmes qui se sont battues pour obtenir l’accouchement qu’elles désiraient, de ces femmes qui ont osé dire « non », de ces femmes qui ont eu honte d’avoir eu du plaisir en accouchant et qui n’ont pas osé le dire, ou qu’on a regardées de travers, on y parle de la force féminine de l’enfantement, de la découverte de la sexualité, de la liberté, de l’intuition, de la confiance en son corps, d’oser prendre le temps, d’oser respecter la nature, on y parle de tout ce qui aide à mieux enfanter, des positions, de l’aide à apporter, on y parle du rôle important de l’homme dans ce précieux moment, on y parle de témoignages d’hommes, on y parle de l’environnement, du lieu propice, des gens bénéfiques ou non, on y parle de l’importance des « doulas » ces femmes qui accompagnent la naissance une simple écoute et dans le respect, on y parle de lâcher prise, on y parle d’acceptation, d’abandon, on y parle d’accepter la médicalisation quand on a pas pu faire autrement, quand on en a eu besoin, on y parle de comment aimé son bébé quand on n’a pas eu l’accouchement que nous désirions…

Le plaisir et l’accouchement : L’ocytocine

Une des principales hormones importantes pour l’accouchement c’est l’ocytocine ! Elle est aussi appelée « hormone de l’amour », elle est présente lors des préliminaires amoureux, lors de l’orgasme et elle crée un fort attachement. L’ocytocine est extrêmement élevée pendant le travail, lors de la naissance et juste après. Elle facilite la contraction complète de l’utérus de manière à éviter une perte de sang excessive et elle créé l’attachement avec le bébé.

À l’hôpital, on administre de l’ocytocine de synthèse, mais cette ocytocine « chimique » n’agit que sur l’utérus et ne crée pas de lien d’attachement, elle ne créé donc pas de « plaisir » et l’ocytocine de synthèse bloque l’ocytocine naturelle de la femme.

De plus, le manque d’intimité, la peur et la souffrance de l’enfantement qu’on a tous entendu parlé… fait que l’on produit de l’adrénaline, l’adrénaline est à l’opposé de l’ocytocine c’est une hormone du stress et il empêche le col de l’utérus de se dilater.

Bref, ni l’hôpital, ni les médicaments chimiques ne facilitent l’accouchement naturellement.

Citations d'auteurs :

Citation de Suzanne Arms :

« La zone du cerveau qui reçoit les sensations de plaisir est la même qui reçoit les sensations de douleur(…) le paradoxe existe : pour être sensibles au plaisir, il nous faut être tout autant sensibles à la douleur. C’est pourquoi toute tentative de cultiver le confort à l’exclusion de l’inconfort se retourne inévitablement contre nous.

Le cerveau ne peut réagir simultanément aux sensations de douleur et de plaisir ; quand l’une prédomine, l’autre est réduite au silence (…) Si un état de peur ou d’anxiété peut accroître la douleur lors du travail et de fait altérer le cours de celui-ci, il est tout aussi vrai que tout ce qui augmente la sensation de bien-être d’une parturiente diminue sa perception de la douleur. »

Citation de Elizabeth Davis :

« Je suis toujours stupéfaite de constater que la naissance n’est pas globalement perçue comme un événement sexuel. Après tout, c’est une expérience intensément physique centrée sur le vagin ! Et les sensations ne se limitent pas au seul vagin ; pendant que le bébé descend, le clitoris, le rectum, l’anus et les tissus de soutien sont tous puissamment stimulés. Dans la première phase (la dilatation), les contractions sont comparables à de très intenses crampes menstruelles, mais avec une différence de poids : contrairement aux crampes, les contractions viennent par vagues, s’intensifient progressivement au lieu de vous agripper brutalement. Cela nous laisse une chance de nous laisser-aller et de nous fondre dans le rythme. Remarquez le parallèle avec l’activité sexuelle. Parfois, quand les ébats sexuels sont très puissants et passionnés, des moments d’inconfort ou de douleur surviennent, mais avec la relaxation, la respiration rythmique ou une nouvelle position, on peut l’atténuer sans se déconcentrer ni perdre d’énergie, comme ce serait le cas si on se raidissait ou se fermait. »

« La stimulation clitoridienne peut aussi aider à prévenir les déchirures du vagin et du périnée ».

Témoignages de femmes tiré du livre :

« Dans notre culture baignée d’histoires de guerres en salle de naissance, j’hésite encore à parler de l’émerveillement de sentir mon troisième enfant descendre un à un les « étages » du canal de naissance ou de la joie de sentir ses bras et ses jambes glisser hors de mon corps. Je remercie l’absence d’analgésie, qui m’a permis de percevoir ces sensations. Même la douleur ressentie quand mon deuxième, en position postérieure, essayait de se retourner est un souvenir cher à mon coeur. »

« Je crois vraiment que l’orgasme féminin existe pour le plaisir et l’équilibre des femmes, mais pas seulement. C’est aussi un outil que nous pouvons utiliser pendant le travail. Depuis mon premier travail, j’enseigne aux femmes les bénéfices de l’orgasme pour donner naissance. »

« J’ai eu des accouchements naturels pour mes deux filles, et j’ai éprouvé un plaisir et une joie intenses dans les deux cas. La seule douleur que j’aie ressentie a été causée par des gens qui interféraient avec le processus de l’enfantement, et ma seule peur a été causée par la peur et le doute de ceux qui m’entouraient. »

« Même si les contractions étaient par moments inconfortables, elles n’ont jamais été douloureuses, et si je pensais que l’une d’entre elles le devenait, c’était parce que j’avais commencé à lui résister. Quand cela se produisait, je relaxais volontairement mon corps, accueillais la progression et redirigeais mon attention vers le bourdonnement du didgeridoo, me concentrant pour chanter à l’unisson avec lui. À la fin de chaque contraction, je ressentais une merveilleuse montée d’endorphines qui commençait en haut de ma tête et inondait tout mon corps. J’étais tellement détendue pendant tout le voyage que je souriais après chaque contraction jusqu’à la dernière. En fait, la sensation était si agréable que je souriais à chaque fois qu’une contraction commençait, parce que je savais qu’elle s’achèverait dans un état de béatitude totale ! »

 « La sensation que j’ai éprouvée était extracorporelle, spirituelle, même – l’expérience physique et émotionnelle la plus extraordinaire et grisante qui soit.
Depuis ce jour, j’en ai parlé à des amis. La plupart ne me croient pas, mais j’ai sans aucun doute expérimenté le trip le plus incroyable qui soit. J’aimerais pouvoir vivre ça tous les jours. »

« Cette naissance a changé ma relation à mon corps, à ma famille, et au monde ; elle m’a appris à me faire confiance, à me fier à ma force, à mon intuition. Ça a été le moment le plus puissant, exigeant et gratifiant de ma vie ! »
 

« Mon accouchement m’a fait me sentir belle, bénie, forte, aimée et honorée. J’ai l’impression d’avoir traversé une épreuve initiatique et atteint une vision plus élevée de moi-même. J’ai aussi le sentiment d’avoir offert à mon fils la meilleure naissance possible, et je serai toujours fière de cela »


Est-ce qu’on a médicalisé l’accouchement par rentabilité ? Pour que cela soit plus rapide, plus expéditif ? Ou par peur de la force et de la puissance de la sexualité dans ce moment-là ?

Un livre qui parle tout simplement de la vie, de la confiance en son corps, en son instinct… un livre qui fait du bien, même si on ne va pas accoucher… pour comprendre que la vie coule de source…

 

Quelques liens :

Trouver une sage-femme en suisse:

Trouver une sage-femme en france:

Trouver une doula en suisse:

Trouver une doula en france:

« La naissance orgasmique -guide pour vivre une naissance sûre, satisfaisante et agréable- » de Elizabeth Davis et Debra Pascali-Bonaro, Éditions du Hêtre, 2010

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